Now there is my fairytale of dying flowers….

Bang your head Bang your Life

Stryper-7 Weeks : Live in America, 2003

Posté par marneusthegreat le juillet 31, 2009

Stryper est une légende. Stryper est le premier groupe de metal chrétien à avoir eut du succès. Stryper c’est aussi plusieurs  millions de disques vendus. Mais Stryper c’est pour beaucoup le look Maya l’Abeille et les permanentes peroxydées typique du glam metal des 80’s. Alors avec le temps l’image du groupe aux costumes ridicules et aux distributions de bibles dans le public a supplanté celle du groupe de talent que Stryper est réellement. Mais après un split de plusieurs années la bande des frères Sweet est de retour, et ce Stryper nouvelle génération a laissé au placard sa garde robe. Un enregistrement live comporte toujours des risques, que ce soit ceux inhérent à la qualité du son ou ceux liés aux performances des musiciens le soir dit. Mais d’autres facteurs sont également à prendre en compte comme l’affluence et la motivation du public ainsi que la pertinence de la set list. Mais ici il ne s’agit non pas d’un concert dans son intégralité mais d’un best-of. Chaque chanson est tirée d’un live différent effectué dans l’une des trente-cinq villes investies par Stryper. 7 Weeks : Live in America, 2003 est un résumé de sept semaines de tournée à travers les Etats-Unis de New York à Las Vegas  en l’honneur des vingt ans du groupe.

Du haut de ces tournées gigantesques et de ces millions d’album écoulés, Stryper a l’expérience des grands. Et dès les premières secondes de ce 7 Weeks : Live in America, 2003, cela ne fait aucun doute que l’écoute sera des plus agréables : la capture du son est parfaite pour chaque chanson. Sans être clinique, la production reste propre et puissante. Aucun des membres du quatuor n’est lésé, même la basse du seul nouveau membre, Timothy Gaines, se fait remarquer. Certes il s’agit d’un live, et en tant que tel la musique sonne forcement plus « vraie » que sur les enregistrements studio, mais surtout elle est moins typée 80’s. Du Stryper, mais sans paillette.

Et ce retour du groupe ne fait pas la joie que des fans, les musiciens ne semblent pas bouder leur plaisir aussi. Ainsi retrouve-t-on un Mickael Sweet au plus haut de sa forme, sa voix n’ayant pas perdu de sa puissance malgré les années. Toujours aussi impressionnant, il assure son office avec une justesse sans défaut, gravissant avec une facilité déconcertante les octaves. De son coté Oz Fox use et abuse de sa six cordes, offrant des soli de qualité avec ce petit grain de fantaisie si caractéristique de son jeu comme sur Makes Me Wanna Sing. Mais ce qui fait l’intérêt d’un enregistrement  est aussi de pouvoir jouir des capacités « live » des musiciens, ainsi c’est avec plaisir que l’on entend les soli s’épaissir de quelques improvisations bien senties comme celui de Soldier Under Command. De même, la section rythmique de Robert Sweet toujours très carrée offre un joli solo en conclusion du titre Winter Wonderland.

Un autre élément important pour un live est le contact que le groupe entretient avec son public. Là encore Stryper n’est pas en reste puisque c’est sans difficulté que Mickael harangue la foule sur Makes Me Wanna Sing ou sur le titre d’ouverture, invitant à plusieurs reprises le public à chanter les refrains toujours efficaces comme ceux de Reach Out ou de To Hell With The Devil. L’omniprésence du public, un peu à l’image d’un Keeper of The Seven Keys : The Legacy d’Helloween renforce l’impact de ce premier live officiel du groupe : la horde jaune et noire déferle sur une marée humaine sur-vitaminée.

Même si ce live n’en est pas vraiment un, puisqu’il s’agit plus ou moins d’un best-of, ce qu’on pourrait appeler une set list n’en demeure pas moins essentielle. S’ouvrant sur un Sing Along Song efficace, 7 Weeks : Live in America, 2003 propose tous les grands classiques du groupe. Calling on You, Caught in the Middle, Reach Out ou encore Loud ‘N Clear, aucun ne manque à l’appel. Stryper offre ici des compositions puissantes. Même Honestly s’intègre parfaitement, la dimension live la libérant de son aspect guimauve. Mais c’est surtout la succession Soldiers Under Command et To Hell With The Devil, les deux tubes du groupe, qui constituent l’acmé du disque. Le plaisir d’avoir d’une set list mettant en avant les chansons les plus heavy de Stryper compense largement ses légers défauts comme l’incompréhensible absence d’In God We Trust ou l’interpolation d’Honestly entre To Hell With The Devil et la reprise heavy du chant de Noël  Winter Wonderland. Le disque se clôture sur la Closing Prayer que Mikael Sweet adresse au public, replaçant ainsi le groupe dans sa ligne évangélique. Bien sûr le temps des lancés de bibles est loin, et cette prière du groupe de metal chrétien le plus connu de la planète touche. Sans tomber dans le manichéisme de certaines Eglises, Mikael ne peut qu’espérer que sa musique accomplisse son rôle.

7 Weeks : Live in America, 2003 constitue la meilleure manière de découvrir le groupe phare du white metal en offrant ses compositions les plus efficaces à la lueur d’une production puissante et beaucoup moins marquée 80’s. Le seul véritable défaut de ce live est de ne pas en être vraiment un, on ne peut que s’interroger sur la décision d’offrir ainsi un best of de la tournée au lieu d’enregistrer un simple concert. Mais ce défaut est bien vite oublié face à la qualité globale du disque. Celui-ci est fortement conseillé à ceux pour qui Stryper n’est qu’un groupe de glam ridicule ainsi qu’à tous ceux qui veulent découvrir la bande à Mikael Sweet. Un « live » qui pourrait se ranger à coté du Unleashed in the West du Metal God ou d’un Live After Death de Maiden…

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Mortification – Triumph Of Mercy (1998)

Posté par marneusthegreat le juin 20, 2009

Bien que non évidente, l’analogie entre l’art contemporain et les musiques extrêmes comme le death metal se révèle parfois pertinente. En effet, de telles œuvres sont bien souvent incomprises au premier abord, mais une plongée dans l’univers entourant l’artiste amène souvent le nantis à en appréhender le dessein.  Il se s’agit non pas de représenter mais de créer : le génie de l’artiste s’applique à retranscrire des sentiments personnels au travers d’œuvres originales, qu’elles soient musicales, picturales ou sculpturales. De manière évidente se pose alors le problème de l’honnêteté artistique et de la sincérité de l’auteur ; ainsi a-t-on vu des groupes américains jouer du viking metal… Personne ne saurait mettre en doute celle de Mortification, ce monument du death metal chrétien, sur son album Triumph of Mercy. Une sincérité qui donne au disque une saveur toute particulière. Il faut saisir le contexte d’écriture de l’album afin d’en comprendre le thème.

En 1998, Mortification existe depuis huit années, huit années et huit disques. Le groupe du bassiste/chanteur Steve Rowe rencontre un succès de plus en plus important : il a  créé sa propre maison de disque depuis quatre ans, Rowe Production, et Nuclear Blast se met à republier les anciens opus du groupe. Pourtant en 1996 tout était sur le point de s’arrêter. Steve Rowe apprenait qu’il est atteint de la leucémie, un cancer des cellules de la moelle osseuse. Malgré tous les pronostics, il survécut. Selon lui, une guérison miraculeuse grâce à sa foi en Dieu. Deux ans après sort Triumph Of Mercy.

Les racines death old school et parfois grind de Scroll Of The Megilloth et Post Momentory Affliction sont désormais loin, au fur et à mesure le groupe s’est dirigé vers des sonorités plus thrashisantes et heavy. Le growl s’est fait moins profond et moins grave. Pourtant le son de Mortification demeure la marque de fabrique du groupe, sans être trop brouillon il évite l’aspect clinique. Ce qui marque, ce sont les lignes de basse qui permettent enfin à l’instrument de quitter le carcan qui l’oblige dans bien des groupes à suivre, anonyme, la lead guitare. Certes, on ne retrouve pas ici le génie d’un Defiant Endoctrination de Quo Vadis, Steve Rowe n’ayant  le talent ni d’un Steve Digiorgio ni d’un Cliff Burton, mais on peut tout de même parler d’une bass lead qui supplante la six cordes.

Les compositions, carrées et puissantes n’en demeurent pas moins variées : les mid tempo majoritaires alternent avec des tempo plus rapides comme sur At War With War ou Triumph Of Mercy, chanson à tiroir. Très mélodiques comme sur Influence, l’acmé du disque avec ses break du meilleur effet, les titres sont un mélange efficace d’influences thrash et de heavy metal rentre dedans. Pourtant des reliquats de death persistent comme sur Drain Dweller à la rythmique saccadé et lourde, et ce même si la voix de Steve Rowe se rapproche plus sur Triumph Of Mercy d’une voix écorchée typique des compositions thrash que d’une voix gutturale. Les nouveau musiciens de Mortification, qui n’a jamais trouvé un lin-up stable, sont tout sauf médiocres : Keith Bannister derrières les fûts assène une rythmique nette et précise tandis que Lincol Bowen offre des soli de qualité comme sur Unified Truth.

Pour Rowe, qui a frappé aux portes séculaires de la mort, la musique est un art exutoire. La pochette, très réussie au demeurant, s’inscrit également dans cette démarche : il y apparait entre les mains miséricordieuses d’un ange le sauvant de la maladie. Le disque s’ouvre sur At War with War, traitant des vices de l’homme, en particulier du racisme qui est un thème récurent. Le titre éponyme, écrit par Rowe et sa femme, traite de la maladie et de la souffrance, mais aussi de sa découverte : «Soon a blood test reveal the brutal force, I had been infected with the worst, lukemia. ». L’évocation des pourcentages ancre le texte dans une vision  matérialiste qui contraste avec le message spirituel de la chanson : si Dieu soigne les vices de l’homme, il soigne également ses maux physiques. Les thèmes des six chansons suivantes sont assez variés mais on peut en dégager des idées redondantes comme le refus du racisme sur Influence et du besoin d’être unis sur Unified Truth. Il apparait en subliminal, un aspect parfois très manichéen et évangéliste. Triumph Of Mercy se clôture sur Visited By An Angel qui évoque la libération des tourments de la maladie par un ange. Ainsi enchâssé entre les deux titres évoquant la lutte contre le cancer et l’intervention divine qui l’en délivre, les textes du disque se font hymne du pouvoir miséricordieux et bienveillant de Dieu.

Triumph of Mercy est un excellent album de thrash metal teinté d’influences heavy et death, proposant à la fois des chansons à tiroir et complexes comme le titre éponyme, et des chansons plus agressives et directes comme Drain Dweller. Mortification définit avec cet album encore un peu plus l’orientation musicale que le groupe australien suivra au cours des années suivantes. Mais plus encore, comment ne pas être touché par le message du disque ? Les péripéties que Steve Rowe a du endurer pour composer cet album lui donne définitivement un caractère particulier et sincère. Pour moi un chef d’œuvre.

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Moonsorrow – Verisakket (2005)

Posté par marneusthegreat le juin 12, 2009

« Ce qui nest pas déchirant est superflu, en musique tout au moins. »

La pochette de lalbum

Lavelle, dans son Traité des valeurs déclarait ceci à propos de l’art : « Le propre de l’art c’est de donner une forme à ce monde de possibilités que nous portons au fond de notre conscience ». Car c’est bien la capacité unique de l’homme que de trouver au fond de lui l’inspiration mystique qui donne naissance aux œuvres. A la question de l’art, se greffe de manière intuitive celle du beau : s’initier à la beauté des choses c’est toucher au divin. La purification, l’ascension et la contemplation sont, pour Platon, les trois étapes de cette initiation vers le beau. La création musicale, comme toute création issue de l’esprit de l’homme est sujette à ces problématiques et il serait incompréhensible de considérer l’art comme l’apanage de la seule musique savante. Verisakeet en est d’ailleurs le contre exemple parfait : A la fois force et douceur, l’épopée auditive à travers les contrées nordiques du groupe finlandais Moonsorrow tient plus de la beauté que de la perfection esthétique. Verisakeet est une œuvre dense, issue de l’esprit de cinq hommes que sont Mitja Harvilahti à la guitare, Marko Tarvonen au fûts, Markus Eurén au clavier, Ville Sorvali à la basse et Henri Sorvali à la seconde guitare. Ces « vers de sang »  constituent la quatrième offrande du groupe, une pièce magistrale que seule les trois étapes didactiques de Platon peuvent éclairer.

Purification. Moonsorrow pratique un black metal folklorique ; autrefois virevoltantes et dansantes, les mélodies rupestres se sont désormais faites mélancolie. La nature est le cœur de la musique, bercée au son d’évocations d’une époque lointaine où le paganisme régnait sur les terres du nord. Une époque où l’homme seul devait affronter un environnement hostile, où la valeur d’un individu se mesurait plus à sa bravoure qu’à la cylindrée de sa voiture. Ainsi cette omniprésence de la nature se révèle-t-elle purificatrice, un retour vers les origines véritables, une anabase spirituelle. Dans cette optique, l’un des aspects importants du disque est la multiplicité des passages atmosphériques où le groupe dresse des tableaux de vastes territoires de forêts et de plaines enneigées. Que ce soit le bruit lointain d’un Plongeon Arctique sur l’ouverture de Jotunheim où les bruitages forestiers au début de la lecture du disque avec Karhunkynsi, tout est fait pour établir l’auditeur dans un univers rupestre. Ainsi, presque la totalité des cinq pièces constituant Verisakeet sont introduites par les cris perçant d’oiseau que les rafales de vents froids rabattent vers le spectateur silencieux ; au milieu des crissements d’arbres vieillis de forêts millénaires et des combats de Haaska , l’ambiance est posée.

Ascension. Si Verisakeet s’inscrit dans une esthétique païenne et environnementale, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un groupe dont la mue se termine par un durcissement de la musique. En effet, là où les mélodies d’un Suden Uni semblaient faire la jonction avec Finntroll, celles de Verisakeet affichent clairement leur appartenance à un black metal aux relents épiques et heavy. Ce retour vers des guitares plus incisives, en donnant un aspect plus sombre aux compositions, permet à Moonsorrow de perdre le statut de « groupe dansant » ; de la même manière, Finntroll le fit quelques années plus tard sur Ur Jordens Djup. Moonsorrow sort grandit de cette mutation, même si celui-ci s’aventure sur des terres plus sombres encore avec le disque suivant. Moonsorrow est grand, les compositions à l’élaboration complexe ( trois des cinq chansons durent plus de 14 minutes) sont portées par un chant déchirant, parfois dérangeant et désespéré comme sur Pimeä, qui se mêle à des chœurs vikings profonds. Le clavier qui se fait désormais plus discret, mais tout aussi crucial, cède la place aux instruments traditionnels qui assurent au groupe de conserver son âme folklorique. Ainsi retrouve-t-on de l’accordéon et de la guimbarde, mais également de la flûte, du violon, du kantele et du nyckelharpa.

Contemplation. « L’art vise à imprimer en nous des sentiments plus qu’à les exprimer », ainsi Bergson parlait-il de l’art dans son Essai sur les données immédiates de la conscience. Cela Moonsorrow l’a bien compris, et c’est une œuvre dont la densité n’a d’égale que la richesse que le groupe finlandais sorti en 2005. A l’image d’un Summoning, le pouvoir évocateur de la musique impressionne autant qu’il subjugue. Que ce soit les bruissements éloignés d’une nature sauvage, les cris empreints de haine et de nostalgie, les mélodies douces ou les mélopées de chœurs vikings, tout dans cet album se mélange dans un balai épique qui souffle au loin la vie moderne. Moonsorrow emporte l’auditeur avec lui dans son univers peuplé de guerriers fiers et valeureux, un univers où l’auditeur ne peut s’empêcher de contempler la beauté véritable de cette œuvre magistrale. Pimeä, apogée de Verisakeet, est le parfait exemple de la réussite que constitue l’album : un mariage harmonieux entre la violence et le désespoir du black metal et l’épique du metal folklorique.

Avec Versiakeet, Moonsorrow se rapproche d’un metal folklorique comme Ulver le pratiquait sur  Bergtatt. Il s’agit d’un disque charnière dans la carrière du groupe ; parfois dangereux, le groupe a su évoluer avec brio vers un metal qui le porte parmi les très grands de la scène pagan. Moonsorrow dresse des tableaux majestueux de vastes territoires inexplorés, en cela, l’auditeur ne peut que s’incliner.

Moonsorrow.com

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Evroklidon – The Flame Of Sodom (2005)

Posté par marneusthegreat le février 17, 2009


Au cœur de l’Ukraine, une forêt sombre s’éveille alors que le monde s’endort. Un souffle glacial anima les arbres et rapporta le murmure lugubre de cloches lointaines. Puis, la nature se fit plus menaçante ; une voix sombre et profonde résonna au milieu de ce bois, parlant de bête et de faux prophète…

« Les deux furent jetés vivant dans le lac de feu aux flammes de souffre…

Et ils seront torturés jours et nuits, éternellement… »

Révélation 20 :10

Puis les ténèbres envahirent le lieu ; sombre et sans espoir, une musique s’éleva. Cris de guerre, échos d’une bataille millénaire. La marche des anciens, l’épée à la main, résonna aux pieds de la montagne, violente et implaccable. Le hurlement criard et dérangeant de l’affrontement épique hante encore ces lieux.

Pourtant, celui pour qui l’épée avait été brandie avait prouvé sa puissance bien avant, détruisant le péché dans les flammes de Sodom. La mélopée se fit plus sombre encore ; des chœurs distants, comme des profondeurs de la Terre, l’accompagnèrent. Se faisant calme et reposante, elle devint rupestre presque buccolique non sans rappeler d’autres mélodies ukréniennes.

Plus le voyageur s’engouffrait sous l’ombre menaçante des arbres, plus la musique s’amplifiait ; de douces mélodies s’accouplant à la brutalité dans une orgie sonore, une orgie de sensations. Interdit, il s’arrêta. Il contempla. Les subtiles variations et les pauses mélocoliques où le seul son de cordes emplissait l’espace  transportait l’auditeur silencieux au travers d’un monde de tristesse, un monde de tentations éternelles. Pourtant dans ces ténèbres environnante l’espérance ne lui était pas enlevé.

Changeante, la voix criarde se fit hymne funèbre d’une âme morte, la vélocité perdit en force, la musique se chargea d’une émotion lourde et pesante. Pourtant tout ceci n’était que le prémice de ce qui parvenait que par bribes : un évênement bien plus important que tout ce qui avait précédé, une bataille spirituelle à l’intensité inimaginable. Une douce mélodie de cordes parvint langoureusement du lointain, glissant sur le vent. Puis, le tonnerre. Un torrent de violence, presque traditionnel des temps anciens. Une furie que rien n’arrête. Le pouvoir représentatif de la mélopée était assouridssant, une œuvre magistrale et dérangeante à la fois. Tous les éléments semblaient s’unir dans un maelstrom pourtant parfaitement ordonné.

Finalement, la musique se tut ey le silence se fit. Alors que les arbres se faisaient moins nombreux et la lumière plus éblouissante, le voyageur s’arrêta à l’orée de ce bois et regarda ce qu’il laissait dernière lui, pensif : un univers sombre et triste , les échos de violentes batailles à la fois épiques et mélancoliques, et la hargne d’un homme torturé dont le combat ne prendra jamais fin. Et il reprit la route…

“Every, who sins

Is the slave of sin,

But whom Son will set free

those will be truly free!”


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Horde – Hellig Usvart (1995)

Posté par marneusthegreat le juin 13, 2008

Au début des années 1990, un petit pays scandinave attire l’attention : les frasques d’une scène black naissante et poussant toujours plus loin l’aspect malsain et agressif de sa musique inquiète, à raison, les autorités norvégiennes. Tandis que Varg Vikernes et feu Euronymous sont les leaders de ce milieu satanique, de l’autre côté du globe, Horde produit le premier album de black chrétien.

Horde - Hellig Usvart Seul disque de leur discographie, ce Hellig Usvart singe toutes thématiques du black satanique, pour en faire une véritable louange à Dieu comme sur « Invert The Inverted Cross ». Mais que l’on ne s’y trompe pas, cet album n’est pas le simple négatif d’un Darkthrone ou d’un Mayhem. Bien qu’il s’inscrive dans le même registre, celui d’un black froid et violent, l’atmosphere qu’il degage se distingue de ses homologues nordiques.

Hellig Usvart s’ouvre sur les sons de cloches lointaines, les râles d’un vent glacial forment lentement l’image d’une chapelle perdue au milieu de bois solitaires et sombres. C’est sans la moindre transition qu’Anonymous assene « Blasphemous Abomination of the Satanic Pentagram ». Quarante-sept secondes de brutalité musicale sans aucune fioriture, tout comme le reste de l’album. Parfois très rapide comme sur « The Day Of Total Armageddon Holocaust », la musique se ralentit fortement sur d’autres titres « Release and Clothe The Virgin » et « Crush the Bloodied Horns of the Goat » sans pour autant perdre en intensité.

Horde ne produit pas une musique malsaine, mais sans être malsain, Hellig Usvart sait être sombre. La voix de Anonymous tantôt grondement, tantôt plainte criarde, se révèle seoir parfaitement à l’album. De même les guitares saturées à l’extrême et la production un peu étouffée ancre définitivement Horde dans ce que certain nommeraient « True » Black Metal.

Même si quelques chansons peuvent lasser par leur linéarité, d’autres sortent du lot et se revèle terriblement froides, mais aussi terriblement profondes comme « Invert The Inverted Cross » et « Weak, Feeble and Dying Antichrist » dont le riff hypnotique et les gémissements d’Anonymous font de cette piste l’une des meilleures de l’album.

En definitive, Horde est un groupe qui s’adresse uniquement aux fans de black metal old school, non pas comme Antestor ou Crimsoon Moonlight, mais comme le faisaient les groupes aux début des années 1990. Hellig Usvart est sombre certe, mais n’est pas pour autant ténébreux ce qui en fait tout l’intérêt.

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Antestor – The Forsaken (2005)

Posté par marneusthegreat le juin 13, 2008

En 2005, les Norvégiens d’Antestor, groupe phare de la scène unblack, ont enfin fait leur retour avec un nouvel opus intitulé The Forsaken. Il s’agit de leur deuxième « véritable » album avec le nouveau line-up. N’ayant pas pu me procurer le précédant, c’est avec une légère appréhension que j’ai glissé le cd dans ma platine…

Antestor - The ForsakenLe titre d’ouverture, Rite of Death, débute avec la superbe voix de la soliste Ann-Mari Edvardsen et se hisse vers les sommets d’un black symphonique de très haute volée. Le doom metal des premiers albums est décidément bien loin. Avec les nouveaux membres, c’est une nouvelle inspiration qui est arrivée. Pourtant le groupe ne s’enferme pas dans un style bien défini : certes Antestor fait de l’unblack, mais les très nombreuses influences font de cet album une découverte permanente. Lorgnant tantôt vers Emperor et son black symphonique agressif sur The Return , tantôt vers un doom metal dépressif et mélancolique sur Vale of Tear et son intro en forme d’hymne mortuaire, The Forsaken n’offre aucun répit à l’auditeur (pour son plus grand bonheur).

Le deuxième point fort de ce nouvel opus est l’ambiance qu’arrive à générer la musique avec des parties symphoniques toujours très bien senties au point qu’on n’a pas besoin de zapper comme sur bien des albums. Raade en est le parfait exemple : bien placé, ce morceau permet d’apporter un peu d’air frais après Via Dolorosa. Justement, Via Dolorosa, tout simplement le meilleur titre de l’album, synthé magnifique, la voix de Vrede est parfaitement maîtrisée, Hellhammer derrière les fûts ne dément pas son statut de meilleur batteur de black, et enfin les paroles sont magiques et profondes : un monument d’évangélisation au cœur même de la violence musicale !

On en arrive justement au deuxième point fort de The Forsaken : la qualité des compositions. A l’heure où les groupes de white metal ont la fâcheuse tendance de se multiplier bien souvent au profit de la qualité musicale, Antestor se démarque du lot en proposant un album technique où s’enchevètrent des guitares hyper véloces, une batterie parfaite, et un synthé qui ne fait pas dans le pompeux (Une écoute de Betrayed démontre immédiatement l’art avec lequel l’instrument est intégré dans les chansons ).

En bref, je suis rassuré : c’est une perle d’unblack symphonique que nous offrent nos Norvégiens. Elle n’a rien à envier aux plus grands de la scène « séculière » que sont Cradle, Dimmu Borgir ou Emperor. The Forsaken est bien audessus des deux premiers et n’est pas loin d’égaler le troisième selon moi (tout en étant dans un registre moins violent).

www.antestor.com

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Tourniquet – Where Mosh And Rust Destroy (2003)

Posté par marneusthegreat le juin 13, 2008

En presque deux décennies d’activité, le groupe de Ted Kirkpatrick a su s’imposer comme l’une des figures majeures de la scène thrash chrétienne. Leur dernier opus, Where Mosh And Rust Destroy, est paru en 2003 avec en guest l’ex-guitariste de Megadeth, Marty Friedman et celui de Trouble (un groupe de doom chrétien), Bruce Franklin. Comme toujours, Tourniquet nous offre la garantie d’une technique irréprochable avec ces deux musiciens de talent…

Tourniquet - Where Mosh And Rust DestroyTourniquet est, depuis ses débuts, un groupe de thrash. Cependant, même si certaines compositions comme Restoring The Locust Years ou le titre éponyme sont définitivement ancrées dans un thrash metal digne de celui de la Bay Area, d’autres morceaux refletent une influence progressive marquée. Notement Drawn and Quartered dont l’introduction classique entame plus de huit minutes musiques d’une musique complexe, où les ambiances se succèdent tantôt thrash, acoustique, mid-tempo voir néoclassique. Dans le même registre, Healing Water of the Tigris à l’introduction orientale collant parfaitement au thème de la chanson laisse le talent des guitaristes s’exprimer totalement.

Pourtant cette teinte néoclassique et progressive présente plus ou moins fortement sur l’intégralité de l’album n’empêche pas ce Where Mosh and Rush Destroy d’être un bon album de thrash. Ainsi des titres comme Melting the Golden Calf, A Ghost at the Wheel ou un Architeuthis aux guitares terriblement mélodique et néoclassique se révèlent être des morceaux très efficaces.

Les textes, en grande majorité de Kirkpatrick (comme la musique d’ailleurs) ne laissent aucun doute quant à la motivation du groupe de transmettre un message. En grande majorité inspirés de l’Ancien Testament, ils traitent de la décadence du monde à travers des exemples anciens mais pourtant d’actualité. On retiendra surtout Architeuthis traitant de l’orgueil du monde scientiste incapable d’élucider le « dernier grand mystère », de voir celui qui réside « dans le coeur des hommes » et qui échappe aux « hordes de scientifiques ». Drawn and Quartered dans laquelle un gladiateur à l’heure de sa mort reste incapable de comprendre l’amour de Dieu se fait le penchant de In Death We Rise où l’homme s’éteint confiant et serein.

Mais cet album n’est pas sans défaut : le chant de Luke est loin d’être facil et risque d’en agacer plus d’un. Le chanteur à la manie d’aborder plusieurs types de chant même si en grande majorité il reste dans le registre typique du thrash. Aussi faudra-t-il une periode d’adaptation pour ceux qui découvrirait le groupe même si il est beaucoup plus abordable que sur d’autre disque de la discographie de Tourniquet.

Finalement le disque se clôt sur un In Death We Rise, hymne funèbre digne d’un album de doom (peut-être l’influence de Franklin ?), très agréable pour finir en douceur un opus somme toute de bonne qualité même si une certaine longueur pourrait parfois lui être reprochée. Notons cependant que ce Where Mosh And Rust Destroy est bien plus homogène que son ainé, Microscopic View Of A Telescopic Realm, qui, même si contenant de très bons titres, souffrait de l’inégalité de certains morceaux. C’est un opus très travaillé tant au niveau des compositions que des paroles que nous offre ici Tourniquet ; à écouter plusieurs fois avant de juger et d’apprécier.

www.tourniquet.net

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