Stryper est une légende. Stryper est le premier groupe de metal chrétien à avoir eut du succès. Stryper c’est aussi plusieurs millions de disques vendus. Mais Stryper c’est pour beaucoup le look Maya l’Abeille et les permanentes peroxydées typique du glam metal des 80’s. Alors avec le temps l’image du groupe aux costumes ridicules et aux distributions de bibles dans le public a supplanté celle du groupe de talent que Stryper est réellement. Mais après un split de plusieurs années la bande des frères Sweet est de retour, et ce Stryper nouvelle génération a laissé au placard sa garde robe. Un enregistrement live comporte toujours des risques, que ce soit ceux inhérent à la qualité du son ou ceux liés aux performances des musiciens le soir dit. Mais d’autres facteurs sont également à prendre en compte comme l’affluence et la motivation du public ainsi que la pertinence de la set list. Mais ici il ne s’agit non pas d’un concert dans son intégralité mais d’un best-of. Chaque chanson est tirée d’un live différent effectué dans l’une des trente-cinq villes investies par Stryper. 7 Weeks : Live in America, 2003 est un résumé de sept semaines de tournée à travers les Etats-Unis de New York à Las Vegas en l’honneur des vingt ans du groupe.
Du haut de ces tournées gigantesques et de ces millions d’album écoulés, Stryper a l’expérience des grands. Et dès les premières secondes de ce 7 Weeks : Live in America, 2003, cela ne fait aucun doute que l’écoute sera des plus agréables : la capture du son est parfaite pour chaque chanson. Sans être clinique, la production reste propre et puissante. Aucun des membres du quatuor n’est lésé, même la basse du seul nouveau membre, Timothy Gaines, se fait remarquer. Certes il s’agit d’un live, et en tant que tel la musique sonne forcement plus « vraie » que sur les enregistrements studio, mais surtout elle est moins typée 80’s. Du Stryper, mais sans paillette.
Et ce retour du groupe ne fait pas la joie que des fans, les musiciens ne semblent pas bouder leur plaisir aussi. Ainsi retrouve-t-on un Mickael Sweet au plus haut de sa forme, sa voix n’ayant pas perdu de sa puissance malgré les années. Toujours aussi impressionnant, il assure son office avec une justesse sans défaut, gravissant avec une facilité déconcertante les octaves. De son coté Oz Fox use et abuse de sa six cordes, offrant des soli de qualité avec ce petit grain de fantaisie si caractéristique de son jeu comme sur Makes Me Wanna Sing. Mais ce qui fait l’intérêt d’un enregistrement est aussi de pouvoir jouir des capacités « live » des musiciens, ainsi c’est avec plaisir que l’on entend les soli s’épaissir de quelques improvisations bien senties comme celui de Soldier Under Command. De même, la section rythmique de Robert Sweet toujours très carrée offre un joli solo en conclusion du titre Winter Wonderland.
Un autre élément important pour un live est le contact que le groupe entretient avec son public. Là encore Stryper n’est pas en reste puisque c’est sans difficulté que Mickael harangue la foule sur Makes Me Wanna Sing ou sur le titre d’ouverture, invitant à plusieurs reprises le public à chanter les refrains toujours efficaces comme ceux de Reach Out ou de To Hell With The Devil. L’omniprésence du public, un peu à l’image d’un Keeper of The Seven Keys : The Legacy d’Helloween renforce l’impact de ce premier live officiel du groupe : la horde jaune et noire déferle sur une marée humaine sur-vitaminée.
Même si ce live n’en est pas vraiment un, puisqu’il s’agit plus ou moins d’un best-of, ce qu’on pourrait appeler une set list n’en demeure pas moins essentielle. S’ouvrant sur un Sing Along Song efficace, 7 Weeks : Live in America, 2003 propose tous les grands classiques du groupe. Calling on You, Caught in the Middle, Reach Out ou encore Loud ‘N Clear, aucun ne manque à l’appel. Stryper offre ici des compositions puissantes. Même Honestly s’intègre parfaitement, la dimension live la libérant de son aspect guimauve. Mais c’est surtout la succession Soldiers Under Command et To Hell With The Devil, les deux tubes du groupe, qui constituent l’acmé du disque. Le plaisir d’avoir d’une set list mettant en avant les chansons les plus heavy de Stryper compense largement ses légers défauts comme l’incompréhensible absence d’In God We Trust ou l’interpolation d’Honestly entre To Hell With The Devil et la reprise heavy du chant de Noël Winter Wonderland. Le disque se clôture sur la Closing Prayer que Mikael Sweet adresse au public, replaçant ainsi le groupe dans sa ligne évangélique. Bien sûr le temps des lancés de bibles est loin, et cette prière du groupe de metal chrétien le plus connu de la planète touche. Sans tomber dans le manichéisme de certaines Eglises, Mikael ne peut qu’espérer que sa musique accomplisse son rôle.
7 Weeks : Live in America, 2003 constitue la meilleure manière de découvrir le groupe phare du white metal en offrant ses compositions les plus efficaces à la lueur d’une production puissante et beaucoup moins marquée 80’s. Le seul véritable défaut de ce live est de ne pas en être vraiment un, on ne peut que s’interroger sur la décision d’offrir ainsi un best of de la tournée au lieu d’enregistrer un simple concert. Mais ce défaut est bien vite oublié face à la qualité globale du disque. Celui-ci est fortement conseillé à ceux pour qui Stryper n’est qu’un groupe de glam ridicule ainsi qu’à tous ceux qui veulent découvrir la bande à Mikael Sweet. Un « live » qui pourrait se ranger à coté du Unleashed in the West du Metal God ou d’un Live After Death de Maiden…






